[Décryptage] Les tendances des dépenses de santé en 2023 : étude du dernier rapport de la DRESS
< Actualités - Publié le 11 décembre 2024

[Décryptage] Les tendances des dépenses de santé en 2023 : étude du dernier rapport de la DRESS

La Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) a publié son bilan annuel sur les dépenses de santé en France pour 2023. Ce rapport, qui analyse les résultats des comptes de la santé, met en lumière des dynamiques majeures, notamment une progression des dépenses totales, un virage ambulatoire confirmé, et l’impact structurant des politiques publiques comme le dispositif 100% santé. Retour sur les chiffres et les tendances clés.

 

Dépenses globales : une progression maîtrisée

En 2023, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) atteint 325,1 milliards d’euros, représentant 11,5 % du PIB. Cette hausse de 3,5 %, supérieure à celle observée en 2022 (+2,2 %), illustre une reprise des dépenses de santé après la crise sanitaire. La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), moteur central du système, s’élève quant à elle à 249 milliards d’euros. Cette croissance s’appuie sur une hausse équilibrée des volumes (+3,9 %) et des prix (+1,2 %), tout en consolidant son poids à 8,8 % du PIB.

Les soins de longue durée (+6,2 %) participent fortement à cette dynamique, tandis que les dépenses liées au Covid-19, notamment en prévention, diminuent de manière significative (-38,3 %). Ces évolutions traduisent une transition post-pandémie et un retour vers des tendances structurelles.

 

Répartition des dépenses : des secteurs hospitaliers et ambulatoires en pleine expansion

Les soins hospitaliers représentent près de 49% des dépenses de la CSBM en 2023, atteignant 122,1 milliards d’euros, répartis entre le secteur public (93,7 milliards d’euros, +5,4 %) et le secteur privé (28,4 milliards d’euros, +6,7 %). Malgré cette croissance, le volume d’activité hospitalière reste inférieur à celui d’avant la crise sanitaire.

Les soins ambulatoires affichent également une forte progression, totalisant 72,2 milliards d’euros (+5,7 %). Les médecins spécialistes (+6,6 %) et les soins infirmiers (+3,5 %) contribuent particulièrement à cette dynamique, tandis que les généralistes progressent plus modestement (+1,6 %). Les biens médicaux atteignent 54,6 milliards d’euros (+3,2 %), avec une augmentation notable des dépenses en médicaments (33,4 milliards d’euros, +3,1 %) et une légère hausse pour les dispositifs médicaux hors optique (+0,9 %).

 

Financement : un reste à charge patient historiquement faible

Le financement des dépenses de santé en 2023 reflète une répartition stable entre les principaux contributeurs. Les administrations publiques financent 80,1% de la CSBM, tandis que les organismes complémentaires en couvrent 12,4%. Le reste à charge des ménages, quant à lui, continue de baisser, atteignant 7,5% (18,6 milliards d’euros). En moyenne, cela représente 274 euros par habitant, avec des variations selon les postes : 61 euros pour les médicaments, 82 euros pour les soins dentaires et l’optique, et 54 euros pour les soins hospitaliers.

Cette baisse du reste à charge s’explique en grande partie par la montée en charge du dispositif 100% santé et par une prise en charge accrue des soins hospitaliers par la Sécurité sociale. Avec un taux de reste à charge de 9,3% pour l’ensemble de la DCSi, la France reste parmi les pays européens où le reste à charge des ménages est le plus faible.

 

Politiques publiques et réformes : le 100% santé en plein essor

Le dispositif 100 % santé continue de transformer l’accessibilité financière des soins. En 2023, il représente 4,3 milliards d’euros de dépenses sans reste à charge, principalement pour les prothèses dentaires (80 %). Les dépenses dans les secteurs de l’optique (+8 %), des audioprothèses (+3 %), et des soins dentaires (+5,3 %) connaissent une forte dynamique, traduisant une appropriation croissante par les bénéficiaires.

Les innovations médicales jouent également un rôle central, notamment dans le traitement des pathologies complexes telles que le cancer, le diabète ou la sclérose en plaques. Cela se reflète dans une augmentation significative de la consommation de médicaments en ambulatoire (+7,8 % en volume).

 

Évolutions structurelles : le virage ambulatoire se poursuit

Le virage ambulatoire se confirme en 2023, avec une progression des hospitalisations à domicile (HAD) et des soins ambulatoires. Cette transition s’accompagne d’une diminution des lits d’hospitalisation complète (-1,8 % en 2022), tandis que des alternatives comme la chimiothérapie ambulatoire (+3,7 %) et la dialyse (+0,8 %) continuent de se développer. La radiothérapie enregistre toutefois un léger recul (-2,6 %), témoignant d’une recomposition des modes de prise en charge.

 

Une dynamique tournée vers l’accessibilité et l’innovation

Le bilan 2023 des dépenses de santé met en lumière une double dynamique : un système de santé qui se stabilise après les perturbations de la pandémie, et des transformations structurelles, telles que le virage ambulatoire et l’expansion du dispositif 100 % santé. Ces évolutions traduisent une volonté de répondre aux enjeux d’accessibilité financière, d’adaptation des modes de prise en charge, et d’intégration des avancées médicales.

Proxicare continuera de suivre de près ces tendances pour accompagner les acteurs du secteur dans leurs stratégies d’innovation et d’efficacité.

 

Julien Vianey-Liaud.

 

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